30 juin – Que la fête commence – En pleine forme

Que la fête commence

  • Date de sortie 23 mars 1975 (2h 0min)
  • Réalisé par Bertrand Tavernier
  • Avec Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Marina Vlady, Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot,…
  • Genre Historique
  • Nationalité Française

 

Louis XIV meurt en 1715 et Louis XV n’a que 5 ans. Le Parlement confie la régence à Philippe d’Orléans. Ainsi la cour échappe à la férule de Madame de Maintenon. Au diable les dévots. Que la fête et le film commencent ! Law relance l’économie avec ses billets ; dans les soupers de Philippe le débauché, les aristos pissent dans les seaux qu’on leur présente. Les médecins ont mis leur grand masque blanc de toucan ; comme du temps de Molière, ils n’y connaissent rien ; le premier d’entre eux diagnostique que « les pauvres meurent en masse parce qu’ils sont tristes ». Il recommande donc la gaieté. Le film, sorti en 1975, obtint quatre césars en 1976. Le trait est forcé parfois jusqu’à la farce. Dans cette Régence en proie à l’absurde et à la dérision, du moins la gangrène est-elle localisée : c’est la noblesse qu’il faut retrancher. Et la Révolution d’affûter son couteau.

Cette grandiose fresque historique montre la période troublée du début du XVIIIe siècle avec ses intrigues, ses complots, ses histoires de famille et ses luttes d’intérêts. Tavernier dépeint avec un humour féroce la morale de l’époque. Il est servi par un trio d’acteurs aguerris et complices, Jean Rochefort, formidable en canaille athée qui brigue la mitre d’archevêque, Philippe Noiret, magistral en souverain désabusé, plein de douceur, attachant et moderne et Jean-Pierre Marielle, hobereau matamore et naïf, extravagant à souhait. Leurs relations, s’équilibrant ou se bouleversant en fonction des alliances, créent un jeu de balancier qui imprime au film une dynamique réjouissante. Par ailleurs, une partie de la troupe du Splendid fait là une de ses premières apparitions.

Le film sort en 1975, alors que Valery Giscard d’Estaing est au début de son septennat. Le parallèle est assez saisissant entre ces deux dirigeants partisans de certaines réformes. La présence, aux côtés du Régent, du médecin Chirac (qui n’a cependant pas de parenté réelle avec le Premier Ministre) renforce encore l’impression. Tavernier semble prédire ainsi l’illusion des réformes. Cependant, le film cherche plutôt à divertir, parodier et critiquer la monarchie au lieu d’être authentique. Ainsi, quelques anachronismes le jalonnent : le dauphin, à l’époque considérée, n’est pas à Versailles, le qualificatif pris de façon négative de « république de nobles » alors qu’à l’époque les seules républiques connues sont effectivement des républiques de nobles, la princesse, veuve, meurt des suites de ses couches alors qu’elle est de nouveau enceinte, l’utilisation du mot « avatar » dans un sens inusité,…

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Le court

EN PLEINE FORME

de Pierre ETAIX

France, 1971, Fiction , Noir et Blanc, Français. 12’00 – Mono

Réalisation : Pierre Etaix
Scénario : Pierre Etaix
Image : Jean Boffety / Roger Forster
Montage : Henri Lanoé
Musique : Luce Klein / Lorenzo Paillaud
Son : Jean Bertrand
Interprétation : Pierre Etaix / Jean Preston / Bocky / Roger Trapp / Robert Blome / Randell

Synopsis : Un jeune homme fuit la grande ville et cherche une place dans un camping. Mais dans quel camp, exactement, est-il tombé ? Et comment en sortir ?

L’avis du programmateur : Pierre Etaix campe ici le personnage lunaire et attachant qui sera le fil rouge de toute sa filmographie. Non conformiste et assoiffé de liberté, il est un grain de sable bienvenu dans une société de consommation elle aussi « en pleine forme » en ce début des années soixante. Naïf et bucolique dans son prologue, le film dérive vers une vision de plus en plus acide dans la seconde partie, dans laquelle Etaix observe l’aliénation de ses contemporains avec effroi. La liberté de mouvements et de pensée si chère à Etaix, et présente dans tous ses films, lui fera paradoxalement défaut dans la bataille juridique qu’il dû mener pendant près de 20 ans pour retrouver la liberté de montrer ces ‘uvres salvatrices au public.

Carrière du film :

Filmographie court métrage : Rupture (1961 / 11’00) – Heureux anniversaire (1962 / 12’00) – En pleine forme (1971 / 12’00)

Filmographie complémentaire : Rupture (1961, 11′) – Heureux anniversaire (1962, 12′) – Le soupirant (1963, 83′) -Yoyo (1965, 92′) – Tant qu’on a la santé (1966, 80′) – Le grand amour (1969, 87′) – Pays de cocagne (1971, 80′) – En pleine forme (2010, 12′)

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