23 juillet – Xenia (VO)

Dans le cadre du

FESTIVAL EUROPA

consacré cette année à la Grèce

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deux films choisis par l’association « Festival Europa » et validés par les Z’allucinés

A 17 h :

XENIA

de Panos H. Koutras

Date de sortie : 18 juin 2014

Réalisé par : Panos H. Koutras

Durée : 2 h 09

Avec : Kostas Nikouli, Nikos Gelia, Yannis Stankoglou…

Genre : Comédie dramatique

Nationalités : grecque, française, belge

A la mort de leur mère, Dany et son frère Odysseas, 16 et 18 ans, prennent la route d’Athènes à Thessalonique pour retrouver leur père, un Grec qu’ils n’ont jamais connu. Albanais par leur mère, ils sont étrangers dans leur propre pays et veulent que ce père les reconnaisse pour obtenir la nationalité grecque. Dany et Ody se sont aussi promis de participer à un populaire concours de chant qui pourrait rendre leur vie meilleure. Ce voyage mettra à l’épreuve la force de leurs liens, leur part d’enfance et leur amour des chansons italiennes.

Xenia, sans être une œuvre autobiographique, se construit selon l’idée que se faisait le réalisateur Panos H. Koutras de son adolescence passée : « Ce film est un adieu à ma jeunesse. Les années d’adolescence sont les plus intenses que j’ai vécues. En rébellion contre le système, j’avais pour seule trinité le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Je me sentais différent, singulier. Mon homosexualité n’y était sans doute pas pour rien ».

Il y a véritablement un discours social dans ce film. Le réalisateur tente de peindre une fresque de la société grecque vue à travers les yeux des deux adolescents : « Je voulais aborder le sujet des enfants apatrides, dans mon pays où le droit du sang prime sur le droit du sol. Avec l’émergence de l’extrême droite en Grèce et plus largement en Europe, le problème prend des proportions dramatiques. Je suis persuadé que l’immigration est la grande tragédie de notre ère ».

Le titre du film n’est pas anodin, et s’il n’est pas prononcé par les protagonistes, son sens n’en prend pas moins d’importance. Rien à voir avec Xena, la guerrière : « On pourrait traduire « Xenia » par « hospitalité » mais le sens de ce concept ancien est beaucoup plus complexe. C’est une loi respectée par les dieux grecs, qui nous intime d’honorer et d’accueillir les étrangers d’où qu’ils viennent. Zeus, le père de tous les dieux, est également parfois appelé Xenios Zeus, « Zeus l’Hospitalier ». L’hospitalité était un principe et un fondement majeur de la Grèce antique », raconte le réalisateur, qui déplore cependant que ce concept ne soit plus largement suivi par ses contemporains. On en retrouve trace dans un antonyme à mauvaise odeur, « xénophobie ».

Patty Pravo, diva italienne des années 70, joue son propre rôle dans le film. « Enfant, j’étais accro au show de variété italien « Canzonissima » où elle apparaissait régulièrement. Elle me fascinait. Des années plus tard, à Naples, en 2006, je l’ai réécoutée et ce fut comme la madeleine de Proust », explique le réalisateur, qui en fit un personnage idéalisé, saint aux yeux du jeune Dany, élevé par l’idolâtrie que lui vouait sa mère.

 

Aurélien Ferenczi dans Télérama estime que c’est « un récit d’apprentissage où l’énergie, l’insouciance l’emportent sur le fatum, où l’amour fraternel et le culot de l’adolescence triomphent des mauvaises ondes. C’est tout le talent de conteur de Panos H. Koutras, dont le quatrième film (après le sombre Strella) est le plus maîtrisé, le plus ouvert : chaque fois que sa fable picaresque s’égare vers trop de pathos ou de cliché, il la remet, par une brusque embardée, sur des rails moins fréquentés. En témoigne une belle séquence nocturne qui cite La Nuit du chasseur. Un peu trop littéralement ? Illico, le cinéaste détourne la référence, s’en moque, en l’occurrence grâce à une incarnation très inattendue de Dido, le lapin blanc que trimballe Dany dans son sac à dos. »

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Le court

JE SUIS ORIENTEE

de Olivier Riche

France, 2015, Fiction, Couleur  – 02’30 -

Synopsis : Une adolescente passe un entretien pour faire le choix de son futur métier.

L’avis du programmateur : Je suis orientée est l’un des films les plus diffusés parmi ceux de la cinquième édition du Nikon Film Festival. C’est aussi l’un des plus réussi, répondant parfaitement à l’exigence de percutante efficacité de l’exercice, sur une durée très réduite, tout en offrant une dimension supplémentaire de contenu à travers son histoire habilement racontée en quelques plans. Ce face-à-face entre une adolescente et sa conseillère d’orientation, experte reconnue pour le choix d’un futur métier, pose l’humour comme trait dominant, mais provoque un rire plutôt jaune. En effet, la réalisation, jouant sur les champs-contrechamps sur les visages de la collégienne et de la fonctionnaire, saisit vite leur désaccord, la seconde tentant de convaincre la première de la fragilité de ses projets. L’imagination et l’espoir n’ont parfois guère de place, semble-t-il, dans les rouages de l’Éducation nationale et les rêves d’expression artistique y sont souvent tués dans l’œuf. Le ton du film, volontiers caustique, évite habilement l’écueil de la caricature pour proposer une véritable incarnation du dilemme soulevé, grâce à une excellente direction d’actrices. La jeune Léna a du répondant et réaffirme son dessein d’exercer la profession de photographe et de vivre de sa passion, ce qui redonne un certain espoir en l’avenir des jeunes générations.

 

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