21 mai – Le dernier nabab – Pour le rôle

 

LE DERNIER NABAB

Date de reprise : 22 janvier 2014

Date de sortie : 13 avril 1977

Durée : 2h 03min

Réalisé par : Elia Kazan

Avec : Robert De Niro, Tony Curtis, Robert Mitchum, Jeanne Moreau, Jack Nicholson…

Genre : Drame

Nationalité : américaine

D’après le roman éponyme de Francis Scott Fitzgerald adapté par Harold Pinter

Synopsis : Dans les années 1930, le producteur Monroe Stahr règne sans partage sur l’un des grands studios de Hollywood. Malgré les efforts de Cecilia Brady, la fille du directeur de la compagnie, Monroe reste fidèle au souvenir de son épouse décédée, la comédienne Minna Davis. Un soir, alors qu’un tremblement de terre secoue la ville, Monroe aperçoit une jeune femme qui lui rappelle la défunte. Il s’agit de Kathleen Moore, une jolie femme dont il ne tarde pas à tomber amoureux. Mais le bonheur qu’il éprouve auprès d’elle est bien éphémère, puisque leur idylle ne dure pas. Par ailleurs, Pat Brady, le directeur du studio, décide de se passer de ses services…

« D’un côté, ce cher Francis Scott Fitzgerald, un temps couvert de gloire, mais qui meurt piteusement en 1940, laissant un livre inachevé, exercice d’admiration amère dédié à Hollywood. De l’autre, Elia Kazan, qui, se doutant que ce serait là son ultime film, se laisse envahir par la mélancolie. Le Dernier Nabab nous plonge dans l’âge d’or et de légendes de Hollywood, les années 1930, où le producteur était à la fois auteur et censeur, magnat et critique. Inspiré largement d’Irving Thalberg, producteur illustre de la MGM, le personnage de Monroe Stahr est un puissant irrésistible, séduisant et tyrannique, cassant et subtil. Dans le rôle, Robert De Niro impressionne, surtout dans les scènes d’amour étranges, où il ressemble à un prédateur… L’amour des femmes et celui du cinéma ne font qu’un. Mais l’usine à rêves ressemble à une ville fantôme. Monroe est hanté par une star défunte qu’il a aimée et par une jeune femme croisée lui ressemblant. Elle est incarnée par Ingrid Boulting, avec qui la presse ne fut pas tendre à l’époque. Il faut la voir comme un fantasme, une apparition que Monroe idéalise avant de se retrouver seul avec ses mirages.

De manière feutrée, Kazan laisse entrevoir la fin d’un monde en même temps que la chute soudaine d’un homme après sa grandeur. Un moment, le couple amoureux descend en voiture les collines de Hollywood et évoque la nuit qui, là-bas, tombe sans prévenir, sans crépuscule. Beau moment de fêlure fitzgeraldienne qui dit l’existence imparfaite. »                                                                                                            (Jacques Morice, Télérama)

« Le Dernier Nabab est le dernier roman d’un Fitzgerald qui n’eut pas le temps d’y poser les dernières touches ; c’est aussi le dernier film d’Elia Kazan qui mêle le spectaculaire au crépusculaire ; c’est enfin une œuvre polyphonique, énigmatique par endroits, dont l’adaptation d’Harold Pinter souligne les errements laissés par l’inachèvement, et en comble les vides sans l’autorité d’une plume qui voudrait écraser son brouillon. Disons-le tout de go, le brouillon n’est pas la plus grande réussite de l’écrivain, et cette mise en image ne résiste pas toujours à l’épreuve du temps -ah les solos de saxophone sirupeux !-. On retrouve dans le film de Kazan la caractéristique centrale des pièces de Pinter : un déluge de détails, une emphase du décor qui souligne les mascarades sociales et la profonde solitude des hommes qui bâtissent en dehors et meurent en dedans. C’est sans doute dans le mariage du millefeuille stylistique de Fitzgerald, de l’obsession de Pinter pour les kaléidoscopes et de l’amour de Kazan pour les flamboyances mineures et déchues que se définit l’adaptation. Elle est, en somme, la rencontre de trois sensibilités et de trois représentations de l’essence cinématographique.«                                 (Critikat)

« Méditation sur l’existence et ses mirages, ce film au casting éblouissant (De Niro et Boulting sont non seulement accompagnés dans leur danse par Jeanne Moreau et Tony Curtis mais aussi Robert Mitchum, Jack Nicholson, John Carradine, Dana Andrews…) s’avère, malgré lui, de manière cruellement prophétique, être un des plus beaux adieux au cinéma qui soit.«                                                                          (Isabelle Regnier, Le Monde)

« Plus qu’une étude du pouvoir et des rapports de force entre producteurs, employés, stars et actionnaires d’Hollywood, le film est un poème élégiaque sur un homme malade, atteint par la limite d’âge, alors qu’il n’a même pas 40 ans, sabordant peu à peu le pouvoir qu’il possède pour se réfugier dans une nostalgie dont la naïveté est vouée à l’échec. Il n’y a rien de flamboyant dans les scènes entre Robert De Niro et Ingrid Boulting, la fille dont il tombe désespérément amoureux, mais chaque regard, chaque hésitation, chaque geste suggère une immense complexité, mettant en valeur une amertume et une mélancolie propres à chacun des deux personnages.«           (Les Inrocks)

« Cette œuvre-testament permet à Kazan de faire ressurgir ses vieux démons : que ce soit la main mise des producteurs sur la version finale d’un film concoctée par le metteur en scène, ou la chasse aux sorcières à laquelle il prit part et dont on le taxa exagérément (avec le personnage communiste interprété par Jack Nicholson). L’ascension puis la décadence du producteur est finalement une métaphore du déclin du « Nouvel Hollywood », annonciateur de l’ère du merchandising à venir tournée vers le numérique et l’image de synthèse.«                                                                                                 (Avoir Alire)

 

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Le court :

POUR LE RÔLE

de Pierre Niney

France, 2013, Fiction, Couleur, Français – 13’26 -

Synopsis : François se présente pour passer un casting. Au terme d’un entretien très étrange, il découvre qu’il est en réalité au cœur d’une mise en scène mystérieuse à laquelle il va être forcé de prendre part…

L’avis du programmateur : Étoile montante du cinéma français, incarnant en 2014 Yves Saint Laurent dans le ‘biopic’ du grand couturier filmé par Jalil Lespert, Pierre Niney s’est essayé à la réalisation le temps d’un des courts métrages des Talents Cannes de l’Adami, auxquels il avait déjà participé en tant que jeune comédien quelques années auparavant. C’est dire si le principe de casting lui est familier, lui qui a débuté à l’âge de onze ans, et qu’il l’a naturellement placé au cœur de son film. Mais toute la valeur de ce premier essai est de ne pas s’en tenir à restituer quelques faits anecdotiques, éventuellement comiques, mais de faire une franche incursion dans le territoire du bizarre, de l’inquiétant, sinon du fantastique. Ce qui survient étonne autant le spectateur que le personnage, confronté d’un coup à une situation inhabituelle, et le jeune comédien François Civil, déjà vu dans plusieurs films et téléfilms, excelle à jouer sur les différents registres que les aléas de son aventure exigent. La narration emprunte un tracé circulaire et concocte une savoureuse chute, qui prouve que le ‘genre’ a encore de beaux jours devant lui pourvu que celui qui le manie ait le talent suffisant. C’est précisément le cas du doué Pierre Niney…

Carrière du film :
Chistera du court métrage,Chistera du jury jeunes Festival des jeunes réalisateurs (Saint-Jean de Luz / France – 2013)
Semaine internationale de la critique (Cannes / France – 2013)
Festival Européen du Film Court de Brest (Brest / France – 2013)
Rencontres du court (Montpellier / France – 2013)
Festival International de Modolist (Kiev / Ukraine – 2013)
Festival du court métrage d’humour (Meudon / Ukraine – 2013)

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