13 décembre – Let’s get lost

LET’S GET LOST

Date de sortie : 23 juillet 2008

Durée : 2h 00min

Réalisé par : Bruce Weber

Avec : Chet Baker, William Claxton, Flea…

Genre : Documentaire

Nationalité : Américaine

Chet Baker, décédé en 1988 à Amsterdam, était l’un des géants du jazz. Sa vie était jalonnée de hasards et de drames. Son père, banjoïste amateur, le destine au trombone. Mais Chet, déjà fasciné par la trompette, s’empresse d’échanger le trombone que lui offre son père contre l’instrument de ses rêves. Des années plus tard, il découvre le bugle à Paris, parce qu’on lui a volé sa trompette. Il vécut une existence chaotique, entre l’Amérique et l’Europe. Restent aujourd’hui de lui les sonorités délicates, fragiles, à la limite de la cassure, de sa trompette et de son chant, ses deux modes d’expression favoris, étonnamment proches l’un de l’autre…

 

Chet Baker (1929-1988) était à la fois trompettiste, bugliste et chanteur de jazz, célèbre pour des tubes tels que « My Funny Valentine ». Chet Baker, le musicien de jazz qui aurait inspiré à Charlie Parker un avertissement aux grands noms du jazz : attention, ce petit blanc allait leur causer des problèmes.

À la fois portrait d’une figure étrange et ambiguë et réflexion sur le legs d’Hollywood concernant le culte de l’image, le film plaît par son image parfois presque trop léchée, mais emporte l’adhésion grâce à la personnalité intensément magnétique de son principal sujet. Let’s Get Lost a été tourné en France (à Cannes et Paris) et aux Etats-Unis (à Santa Monica et Los Angeles).

« Pendant les noires années d’une lente descente aux enfers dont il signa la fin, au mois de mai 1988, en passant par la fenêtre d’un hôtel miteux d’Amsterdam, Chet Baker n’est jamais parvenu à ruiner son image de jeune prince d’un éternel été. Au pays d’Elvis et de James Dean, l’apparition de Chet Baker fut un coup de foudre contre lequel le temps ne peut rien. Sa voix et sa musique fredonnaient un romantisme abyssal et sa gueule d’amour était à tomber : « Il avait l’air d’un boxeur angélique », a dit le photographe William Claxton, qui immortalisa l’émergence de la jeune star.

C’est après cette icône en noir et blanc que courait le photographe de mode Bruce Weber quand il s’est mis en tête de réaliser son fascinant documentaire. « J’ai toujours rêvé de ressembler à un type comme ça, raconte Weber. J’ai grandi dans les campagnes de Pennsylvanie et, dans ses disques, j’ai trouvé le son qui m’a poussé à partir à l’ouest, celui qu’on perçoit au bord de l’océan, sur la plage, tard dans l’après-midi… » Peu avare de son temps, de son argent et de ses mensonges pour signer un film à la hauteur de ses fantasmes, Bruce Weber a accompagné le trompettiste drogué dans la « ballade » poignante et pathétique de ses derniers mois. Let’s get lost était au montage quand on a trouvé le corps sans vie de Chet Baker. L’éclat funèbre de cette actualité en fait un film unique sur le mythe du « loser magnifique ». Et les mélodies restent — My funny Valentine, The thrill is gone… Chet Baker est le plus beau fantôme qui pouvait nous apparaître. » — Laurent Rigoulet (Télérama)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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