21 décembre – Cabaret

SOIREE CINE-MUSICALE

20h30 : Duo de jazz avec Phil & Phil (batterie et accordéon)

Deux Philippe réunis pour le meilleur du jazz !

On ne sait si l’accordéon de l’un entraîne le swing de l’autre ou si la batterie de l’autre fait jazzer l’un !

Qu’importe ! La musique transpire au travers de ces deux complices de toujours.

 suivi du film : CABARET

 

Réalisateur : Bob Fosse

Date de sortie : 15 septembre 1972

Durée : 2 h 04

Avec : Liza Minnelli, Mickael York, Helmut Griem, Joel Grey, Mariza Berenson…

Genre : Drame, Musical

Nationalité : Américaine

Synopsis : Sally Bowles (Liza Minnelli), une chanteuse américaine dans le Berlin des années 30, travaille chaque soir au ‘Kit Kat Club’ et traverse la vie avec des faux-cils et les ongles vernis en vert. Légère et frivole, adorablement amorale, elle tombe amoureuse d’un jeune écrivain britannique homosexuel, Brian (Michael York) qui partage la même pension de famille et qui donne des leçons d’anglais pour vivre. Tous les deux sont séduits par un aristocrate fortuné, Maximilian (Helmut Griem), alors que Natalia Landauer (Marisa Berenson), jeune héritière juive tombe sous le charme de Fritz, un chasseur de dot attendrissant qui garde le silence sur ses origines. Le bonheur et surtout l’insouciance seront rattrapés par l’ombre menaçante qui commence à obscurcir le ciel de l’Histoire.

Le point de départ en est un des récits à connotation très autobiographique de Christopher Isherwood dans son roman Adieu à Berlin dans lequel il relate ses propres expériences de jeune écrivain novice.

Qui aurait pu imaginer que le Berlin pré-hitlérien des années 30 puisse servir de sujet à une comédie musicale filmée ? Fosse osa sauter le pas et non content de cela, il n’hésita pas ainsi à aborder les rivages d’un terrain qui jusqu’alors était réservé à un cinéma bien délimité et à ses habituelles réflexions politiques. Ou comment mettre à la portée du grand public une analyse subtile d’un des plus tristes épisodes de notre Histoire ?

Dans le cabaret, dont les chansons et les danses ponctuent le film, la montée du nazisme apparaît en filigrane : en particulier une chanson dont le caractère antisémite n’apparaît qu’à la fin (le maître de cérémonie se dit amoureux d’une guenon, et il déclare à la fin que vue par ses yeux, « elle n’aura plus l’air si juive »), et dans le morceau final un reflet de la salle, où l’on voit plusieurs hommes en uniforme nazi, arborant la croix gammée.

« Pour préparer le casting à chaque scène » raconta Liza Minnelli, « Bob nous passait la chanson de Marlene Dietrich, « Falling in Love Again ». Il était constamment soucieux de l’authenticité ». Cette célèbre chanson fut chantée par l’actrice dans le mythique Ange bleu de Josef von Sternberg, réalisé en 1929.

Une vraie curiosité : Cabaret est, en dépit de ses huit Oscars, le seul film autant récompensé à ne pas avoir remporté l’Oscar du Meilleur film. Par ailleurs, Liza Minnelli, Oscar de la Meilleure actrice, est encore à ce jour la seule actrice à avoir remporté un Oscar tandis que ses parents (Judy Garland et Vincente Minnelli) furent eux-mêmes récompensés par un Oscar (respectivement en 1940 pour Judy Garland et 1959 pour le cinéaste).

« Willkommen, bienvenue, welcome »… Ces mots suffisent aujourd’hui à convoquer le cabaret tel que Bob Fosse l’a imaginé, un poil cynique et décadent avec toujours dans l’ombre une Liza Minnelli sexy et pétillante. Le film aurait pu se réduire à cela : un joyeux foutraque où se mêlent des chansons cultes, des morceaux de bravoure chorégraphiés et huit oscars en guise de rançon de la gloire. Il faut reconnaître que le projet était risqué et pas dénué de contradictions. En effet, comment parler de la montée du nazisme par le biais d’un genre léger et innocent. Mais loin de rejeter ces contradictions, Bob Fosse les exhibe pour en faire le noyau dur de son film. Il n’a pas peur non plus de questionner la forme même du musical pour mieux la renouveler. Plus de quarante ans après sa première sortie en salles, Cabaret n’a rien perdu de sa force subversive et du malaise qu’il suscite chez les spectateurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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