28 septembre _ Voyage à Tokyo – Kwiz

Date de sortie : 1953 au Japon et 1978 en France

Réalisateur : Yasujiro Ozu

Avec : Chishu Ryu, Chieko Higashiyama, Setsuko Hara

Genre : Drame

Nationalité : Japonaise

SYNOPSIS : Shukishi et Tomi Hirayama, un couple âgé qui vit dans un petit port du sud du pays, sont venus à Tokyo rendre visite à leurs enfants, l’un et l’autre mariés. Mais Koichi, le fils médecin, et Shige, la fille, mariée à Kurazo Kaneko, se montrent accaparés par leurs occupations et ne témoignent guère de tendresse à leurs parents. Seule Noriko, l’épouse de leur fils mort à la guerre, fait preuve de gentillesse à leur égard. Pour se débarrasser de leurs vieux parents, les enfants ingrats les envoient dans une station thermale. Se sentant indésirable, le vieux couple s’en retourne chez lui.

Le Voyage à Tokyo, c’est celui de deux parents venus rendre visite à leurs enfants partis depuis longtemps pour la capitale. Ils délaissent leur campagne, leurs habitudes, pour rejoindre, par le chemin de fer, cet espace urbain et tentaculaire qu’est Tokyo : « si on se perdait, on ne pourrait jamais se retrouver », dit la mère. La famille encaisse le choc des retrouvailles, non sans quelques anicroches. À travers ce film et cette famille, Ozu évoque le Japon de l’après-guerre qui vit brutalement l’irruption de la modernité. Un des fils est mort à la guerre ; sa veuve, Noriko, incarnée par l’égérie d’Ozu, Setsuko Hara, noue des liens très forts avec ses beaux-parents – un sentiment de solitude et d’abandon les unit. Voyage à Tokyo (1953) développe d’un coup nombre des thématiques chères au cinéaste : l’abandon des parents par les enfants, l’insolence adolescente, la relation privilégiée mère-fille, les difficiles rapports parents-enfants.

Ozu bâtit ses histoires et ses personnages avec minutie et parvient à toucher profondément le spectateur. Plan après plan, le cinéaste prend le temps nécessaire pour faire ressentir l’inexorable : la vieillesse, l’éloignement, l’abandon des mœurs traditionnelles, la mort. L’admirable reconstitution de la réalité à l’écran nous force à l’accepter comme s’il s’agissait de la vie elle-même.

 » Le style du film est inspiré par le désir de préserver un équilibre entre d’une part le constat lucide d’un certain assèchement du cœur chez les enfants et d’autre part la résignation non moins lucide, devant les circonstances qui peuvent expliquer, sinon justifier, cette attitude d’égoïsme. Équilibré aussi, le ton de l’auteur, entre la plainte et la sérénité. Voyage à Tokyo est le type même de l’œuvre élégiaque où l’auteur fait sentir sa douleur tout en refusant qu’elle vire au noir absolu « (Jacques Lourcelles dans Dictionnaire du cinéma)

Ce film est régulièrement classé parmi les 10 meilleurs films mondiaux de tous les temps dans divers classements.

                                                    

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Le court :

Kwiz

de Renaud Callebaut

Belgique, 2006, Fiction, Couleur, Français. – 05’00 -

Synopsis : Armées de téléphones portables, deux femmes d’âge respectable se livrent à un test de connaissance impitoyable dans la salle d’attente d’une clinique. Pour ne pas perdre la face, jusqu’où iront-elles ?

L’avis du programmateur : Kwiz est une comédie burlesque, un genre périlleux entre tous, servi par deux comédiennes épatantes. Deux dames d’un certain âge sont dans la salle d’attente d’un hôpital. Malgré leurs différences vestimentaires et vraisemblablement sociales, ces deux dames ont un point commun : elles possèdent un téléphone portable. Il s’agit maintenant de reconnaître les sonneries, un quiz musical en quelque sorte mais aussi un affrontement entre deux octogénaires exprimant la violence symbolique du savoir culturel.

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