19 août à 20h30 – 12 jours

12 JOURS

de Raymond Depardon

Date de sortie : 29 novembre 2017

Durée : 1h 26min

Réalisé par : Raymond Depardon

Genre : Documentaire

Nationalité : française

12 jours revient sur une nouvelle loi mise en application depuis le 27 septembre 2013 : les patients hospitalisés sans consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant 12 jours puis tous les six mois si nécessaire. Autrefois, seul le psychiatre décidait de l’hospitalisation d’un individu.

« A l’origine de cette procédure, une censure du Conseil constitutionnel du 26 novembre 2010 affirmant que l’hospitalisation à la demande d’un tiers sans regard d’un juge judiciaire était contraire à la Constitution. Le droit devait entrer dans ces lieux où des personnes sont privées contre leur gré de la liberté d’aller et venir. En 2016, les JLD ont été saisis de 78 193 demandes en matière d’hospitalisation sous contrainte, soit 10 % de plus en deux ans. Dans près de 9 % des cas, le juge a décidé une mainlevée, c’est-à-dire une mise en liberté.

Le juge vérifie la motivation des certificats des médecins. Un premier document justifiant la mesure doit être signé dans les vingt-quatre heures de l’hospitalisation, et une deuxième évaluation doit être réalisée par un médecin différent dans les soixante-douze heures. Un troisième avis est fourni au juge avant l’audience pour justifier ou non le maintien de la mesure. Le juge contrôle la procédure, pas la justification médicale de la mesure. » (Le Monde)

Pour permettre au malade de parler librement, son psychiatre n’est pas présent à l’audience. Le patient peut en outre faire appel de la décision du juge. Ce dernier n’exerce en rien une contre-expertise psychiatrique, et a seulement pour mission de vérifier que le dossier médical est complet et argumenté. La force du film de Depardon est de ne pas porter de jugement condescendant, ni envers les malades, ni envers les juges, et de présenter une vision objective des faits. Dans ce but, trois caméras ont été installées dans la salle d’audience : l’une pour le magistrat, l’autre pour le patient, et la troisième pour les plans généraux. L’égale distance ainsi obtenue, et la récurrence de plans fixes qui en résulte, donnent au film une objectivité et une sérénité bienvenues. « Même si nos films peuvent laisser penser le contraire, nous ne sommes pas plus attirés par les institutions que d’autres ; notre moteur est notre curiosité, notre force est notre naïveté ; nous ne sommes spécialistes de rien, nous tentons simplement de rester à l’écoute, de restituer des moments, des paroles, des émotions », ont ainsi écrit Raymond Depardon et la productrice Claudine Nougaret dans une note d’intention.

Le réalisateur Raymond Depardon et la productrice Claudine Nougaret précisent qu’il « n’est pas de cercle familial ou amical, qui ne compte parmi ses membres une personne vulnérable, nous sommes tous concernés. Chaque année, il y a en France environ 92 000 mesures d’hospitalisations psychiatriques sans consentement (soit 250 personnes par jour). »

Avec ce film, Raymond Depardon tente de donner un point de vue universel et nouveau sur le problème complexe de la santé mentale : « Nous sommes sortis grandis de ce film qui donne la parole à ceux qui sont momentanément enfermés dans leur esprit et en ont perdu l’usage. Ces personnes vulnérables témoignent de leur histoire intime mais aussi à leur façon de l’histoire politique, sociale et morale de la France. Même si nos films peuvent laisser penser le contraire, nous ne sommes pas plus attirés par les institutions que d’autres, notre moteur c’est notre curiosité, notre force c’est notre naïveté, nous ne sommes spécialistes de rien, nous tentons simplement de rester à l’écoute de restituer des moments, des paroles, des émotions. »

L’équipe du film a posé sa caméra dans un hôpital qui organise deux fois par semaine des audiences publiques présidées tour à tour par 4 juges des libertés, deux hommes et deux femmes. Le psychiatre en charge du patient n’est pas présent à l’audience pour permettre au malade de parler librement des conditions d’hospitalisation.

Entre deux audiences, le réalisateur filme les couloirs avec leurs chambres closes, la cour de l’hôpital où les malades fument cigarette sur cigarette. Des images d’une grande douceur, accompagnées d’une belle musique élégiaque d’Alexandre Desplat.

 

Le film a été présenté hors compétition à Cannes en 2017.

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