17 décembre à 20h30 – Concert de Jazz + Ascenseur pour l’échafaud

En première partie de soirée : CONCERT DE JAZZ avec le groupe

 TATOO MOOD

composé de Loïc Papillon au saxo, Alain Gorrias à la guitare et Rose Gorrias à la basse

 

 

 

 

 

 

 

CONSEIL : Arrivez plutôt en avance, les musiciens sont impatients de se produire !

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Hommage à Jeanne Moreau

ASCENSEUR POUR L’ECHAFAUD

Date de sortie 29 janvier 1958 (1h 28min)

Date de reprise 24 juin 2015 – Version restaurée

Réalisateur : Louis Malle

Avec : Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Georges Poujouly…

Musique : Miles Davis

Genres : Policier, Drame, Thriller

Nationalité : française

Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l’ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence, qui attend son amant à la terrasse d’un café, reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur. Elle constate tout de même qu’il est en aimable compagnie. Jalouse et se croyant trahie, elle erre dans Paris, tandis que Julien s’évertue à sortir de l’ascenseur. Pour accompagner la jeune femme déambulant dans les rues, la trompette de Miles Davis improvise. Elle semble exprimer son désarroi indicible.

« Ascenseur sur l’échafaud transforma un coup d’essai en coup de maître. Adapté d’un roman de Noël Calef et dialogué par Roger Nimier, le film fut considéré comme une des œuvres emblématiques de la Nouvelle Vague, ce qui, nous le verrons, n’est que partiellement exact. Le film arriva en effet comme un coup d’épée dans la mare, alors croupissante, du cinéma français. La jeunesse de son réalisateur intelligent et cultivé, influencé par le thriller américain, donna un style particulier à ce polar qui annonce, en mode moins radical, l’éblouissante liberté de ton d’À bout de souffle. La trame, toute hitchcockienne, est basée sur un suspense habile puisque le personnage principal, Julien Tavernier (Maurice Ronet), est bloqué dans l’ascenseur de son entreprise après avoir commis un meurtre, celui de son patron. L’épouse de ce dernier, Florence Carala (Jeanne Moreau), est sa maîtresse et complice. Tandis que Julien tente de se délivrer de son piège, la jeune femme erre dans Paris, à la recherche de son amant. Pendant ce temps, Louis (Georges Poujouly), un petit voyou, emprunte la voiture de Julien pour impressionner sa petite amie Véronique (Yori Bertin), et usurpe son identité le temps d’une escapade qui va mal tourner. La puissance novatrice d’Ascenseur pour l’échafaud s’apprécie par l’alternance du huis clos de l’ascenseur et de séquences sur les routes de la région parisienne et dans les rues de la capitale.

Le petit couple formé par Louis et Véronique anticipe, sur un mode plus mineur, les figures de Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans le film de Godard. Le personnage de Florence, porté par les incantations très durassiennes de Jeanne Moreau, est suivi par une caméra à l’épaule qui tranche avec les conventions en vigueur dans le cinéma de l’époque. Le modernisme de la démarche de Louis Malle est amplifié par le célèbre quintet de jazz composé et joué par Miles Davis et qui n’est pas pour rien dans l’ambiance trouble dans laquelle baigne ce film à la fois séduisant et oppressant. Une ambiance d’autant plus atypique que le cinéaste a tenu à donner une image presque irréelle de Paris, loin des stéréotypes véhiculés dans de nombreux films avec petits bistrots de quartier et chauffeurs de taxi portant le béret. » (Gérard Crespo, Avoir Alire)

 

Jeanne Moreau est sortie du Conservatoire, et a une formation très classique. En plus d’un certain érotisme qu’on lui attribue (La Reine Margot), dans ses premiers rôles, elle joue avec Fernandel ou Jean Gabin et montre un certain talent dans les comédies. Il faut attendre Acsenseur pour l’échafaud pour qu’elle révèle un réel modernisme dans son jeu, dans un rôle beaucoup plus dramatique. Elle tourne d’ailleurs par la suite un deuxième film de Louis Malle, Les Amants la même année, c’est une révélation à l’époque.

 

Grand passionné de jazz, Louis Malle demande à Miles Davis et à son quintet d’improviser l’accompagnement musical, il passe les séquences en direct à ce trompettiste de génie, qui les interprètes à sa façon, et du même coup il permet au jazzman noir américain d’être reconnu partout en Europe. Il existe tout une littérature sur les conditions de mixage de la musique d’Ascenseur pour l’échafaud, c’est dire l’importance de celle-ci, quasi mythique pour les fans. L’enregistrement va avoir lieu en une seule nuit, une prise durant laquelle Miles Davis et ses musiciens improvisent. Le disque qui va sortir par la suite aura même plus de succès que le film.

« Louis Malle (il avait alors 24 ans) a conçu son premier long métrage comme un lent compte à rebours. Un homme commet un assassinat. Au moment de s’enfuir dans sa voiture, il réalise qu’il a oublié la corde qui lui a servi à grimper d’un balcon à l’autre. Il retourne sur les lieux et prend l’ascenseur. Le gardien coupe soudainement le courant pour le week-end. Le meurtrier reste coincé entre deux étages. A l’extérieur, sa maîtresse l’attend…

D’un côté, un homme enfermé ; de l’autre, une femme qui erre dans ­Paris. Entre eux : l’ombre du crime. Louis Malle alterne scènes muettes où le moindre bruit devient inquiétant et scènes pleines de bruits inutiles, qui semblent retarder l’instant où les amants pourront se voir et s’expliquer. L’intrigue policière laisse place, tout doucement, à une atmosphère à la fois morbide et sensuelle. » (Télérama, Philippe Piazzo)

Louis Malle avoue s’être inspiré du maître du suspens Alfred Hitchcock, et de l’œuvre de Robert Bresson. Il reçoit pour cette première œuvre personnelle le prix Louis Delluc.

Une autre star du film est une automobile mythique, la fameuse Mercedes 300 SL aux portes en forme de papillon, construite de 1954 à 1957 à environ 1 400 exemplaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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