21 janvier à 20h30 – RAN -

RAN

d’Akira KUROSAWA

Selon Stephen Prince, Ran est la « chronique impitoyable d’une vile soif de pouvoir, de la trahison du père par ses fils, et de guerres et de meurtres incessants qui finissent par détruire tous les personnages principaux« .

Date de sortie : 18 septembre 1985

Date de reprise 6 avril 2016

Durée : 2 h 42

Réalisateur : Akira Kurosawa

Avec Tatsuya Nakadai, Nezu Jinpachi, Masayuki Yui…

Genre : Drame épique

Nationalités : japonaise, française

Au XVIe siècle, dans un Japon ravagé par la guerre, le vieux daimyo Hidetora Ichimonji décide de partager son fief entre ses trois fils pour finir ses jours heureux et en paix. Mais les dissensions entre les trois frères plongent rapidement leurs familles, leurs foyers et la région dans le chaos.

 

Pour les besoins de l’histoire, Kurosawa s’est inspiré de la pièce de Shakespeare, Le Roi Lear, des guerres civiles du Japon du 16ème siècle et de la légende de Mori, un seigneur de guerre, et ses trois enfants. Kurosawa cependant transforme les filles de la pièce en fils, développe certains thèmes seulement esquissés par le dramaturge anglais (notamment la responsabilité du vieux monarque dans la folie autodestructrice de ses enfants), fusionne certains personnages secondaires et en imagine d’autres, saisissants — comment ne pas être impressionné par l’impitoyable Kaede, qui évoque autant Lady Macbeth que la femme-serpent du théâtre kabuki ?

« Kurosawa se sert avant tout des images pour montrer comment une dynastie familiale peut sombrer dans le chaos et comment le désir de puissance peut pervertir les êtres humains. Le rouge, le jaune et le bleu des troupes de chacun des trois fils parsèment d’immenses paysages perdus. Les décors et la mise en place des batailles sont somptueux tant par leur graphisme que par le mouvement des soldats sur leurs chevaux. Kurosawa se permet d’éliminer les cris de la guerre pour les remplacer parfois par une musique presque contemporaine. La couleur du sang, la fumée et la brume envahissent le champ visuel qui devient baroque et fait penser à certains tableaux de Goya » (Elle, l’Oeil sur l’écran)

Kurosawa a des soucis de vision quand il imagine le scénario. La préparation en étant très complexe, il décide alors de réaliser un storyboard très détaillé de tous les plans (il est peintre de formation et connaît son Caravage et son Paolo Uccello sur le bout du pinceau). Cela lui prendra 10 ans. Kagemusha, l’ombre du guerrier lui sert de répétition, notamment pour les costumes, cinq ans auparavant. 1400 armures, fabriquées pour le besoin et 200 chevaux, dont certains importés des USA, ont été utilisés sur le tournage de Ran. Les costumes, cousus main, ont pris deux ans de confection. Le château détruit par l’incendie au milieu du film a été construit spécialement sur le Mont Fuji et aucune maquette n’a été utilisée.

Boudé au Japon depuis les succès controversés de Dode’s Caden et Dersou Ouzala, Kurosawa est contraint de chercher des financements étrangers. Ce sera le cas pour Kagemusha soutenu par Georges Lucas et Francis Ford Coppola et pour Ran soutenu par les capitaux français de Serge Silberman et de Greenwich Films Productions.

Récompenses :

  • Prix Mainichi du meilleur film en 1985
  • British Academy Film Award du meilleur film en langue étrangère en 1987.
  • London Film Critics Circle Awards – Meilleur film en langue étrangère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus de détails sur Akira Kurosawa dans la rubrique « Autour du cinéma »

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