25 juillet – Event horizon – Diabolo menthe

Le court :

Event horizon

de Josefa Celestin

11’20, Fiction, France, Grande-Bretagne, 2016 , Film muet

Été 1997, dans un petit village d’Écosse, où chaque jour se ressemble et où jamais rien ne se passe, un étrange événement cosmique vient perturber le quotidien monotone de Julianne.

Itinéraire insolite que celui de la jeune réalisatrice Joséfa Celestin, née en France en 1987 et qui a étudié à la Screen Academy en Écosse, contrée où elle a aussi tourné Event Horizon, dans le cadre grandiose des landes, bien vertes comme il se doit.

Cette fan de cinéma américain des années 1980 et 1990 (elle cite John Hughes, mais on pourrait y ajouter de toute évidence Steven Spielberg) revisite un traumatisme personnel de sa jeunesse, à savoir une amitié brisée, et inscrit volontairement son histoire dans l’atmosphère fantastique d’un registre inattendu de science-fiction, ayant à cet égard recours à des effets spéciaux impeccablement exécutés.

Ce qui se joue dans les relations entre ces teenagers est parfois âpre et dur pour la jeune Julianne, qui saisit l’occasion de tourner une page et d’affronter une nouvelle étape de son existence, en se projetant entièrement vers l’avenir. Ce personnage de petite rouquine timide coiffée d’un drôle de casque restera durablement dans les mémoires, la peur de l’inconnu étant une sensation très largement partagée.

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Le long

Dans le cadre de la manifestation FESTImenthe,

DIABOLO MENTHE

de Diane Kurys

Date de sortie : 14 décembre 1977

Date de reprise : 16 août 2017

Durée : 1h 37mn

Réalisatrice : Diane Kurys

Avec : Eléonore Klarwein, Odile Michel, Coralie Clément

Nationalité : Française

Septembre 1963, c’est la rentrée des classes.
Anne ((Éléonore Klarwein) a 13 ans, sa sœur Frédérique (Odile Michel) en a 15. Elles rêvent de liberté et leur vie, à l’image du monde qui les entoure, est en pleine effervescence.
Entre une mère dépassée, un père maladroit, les premiers flirts et la prochaine boum, Anne enfile des collants en cachette et collectionne les mauvaises notes.
Le transistor à l’oreille, Frédérique découvre la politique et les garçons.
Autour d’elles c’est la ronde des professeurs sévères ou hystériques.
Nous sommes dans les années 60 mais l’adolescence est éternelle et les adultes décidément n’y comprennent jamais rien. 

Titillant chez certains la fibre nostalgique – bien que le « c’était mieux avant » ne fonctionne pas toujours, au regard de l’attitude ultra-répressive des enseignants – Diabolo menthe renvoie sur les bancs de l’école ceux qui ont connu ce lieu d’instruction à l’époque où il n’était pas encore mixte. Les autres ne resteront toutefois pas sur le côté, le film rappelant à n’importe quel spectateur des moments d’adolescence charnière : première rentrée au collège, premiers emplois du temps, premiers enseignants au tempérament atypique, mais aussi premiers déchirements amicaux et émois amoureux.

Diane Kurys met en lumière une période charnière entre la fermeté de l’éducation des jeunes filles et leur désir de fraîcheur et de féministe. L’histoire se déroule pendant l’année scolaire 1963/1964 et annonce les prémices de mai 1968. Les deux jeunes filles interprétées par deux comédiennes (Eléonor Klarwein et Odile Michel) -dont les carrières cinématographiques ne décolleront pas vraiment après- interprètent des sœurs que tout oppose. L’aînée, Frédérique, 15 ans vit ses premiers émois amoureux et s’intéresse à la politique et Anne, 13 ans, qui découvre les booms et les mensonges.

Si le père apparaît assez falot, relégué à l’arrière-plan du récit, la mère a nettement plus de présence et de consistance : à la fois fragile et dure, aimante et cruelle, elle se dessine tout en nuances. Le film traverse lui-même un large spectre de nuances, du rose de la gaieté au gris de la tristesse en passant notamment par le vert de l’espérance (et du diabolo menthe). Il s’ouvre sur une image figée – qui s’anime – et s’achève également sur une image figée, d’autres images figées venant ponctuer le récit en défilant à la façon de photos de vacances. La fiction cinématographique semble ainsi jaillir d’un album de photos-souvenirs légèrement patinées par le temps et trouve précisément sa principale force expressive dans ce rapport au (passage du) temps.

Dès les premiers plans, évoquant la fin des vacances d’été sur une plage déserte au ciel couvert, Diane Kurys instille une tonalité mélancolique, qui traverse l’ensemble du film. Résultant de l’écart entre le temps de l’action et le temps de la réalisation, la sensation de passage du temps – et de perte de la jeunesse – est inscrite au cœur même du projet, à forte teneur autobiographique (le film est dédié « à ma sœur… qui m’a toujours pas rendu mon pull-over orange… »). Plane également, récurrente, l’ombre de la mort. Elle transparaît par exemple à travers les mots d’une adolescente parlant du suicide de sa mère ou via l’annonce des morts d’Édith Piaf et de John Kennedy.

L’ombre de la mort se manifeste encore, avec une intensité remarquable, par la bouche d’une autre adolescente, Pascale, condisciple et amie de Frédérique. Jouée par Corinne Dacla, alors (étincelante) débutante, et filmée en plan serré, Pascale raconte en cours d’histoire la sanglante répression policière du métro Charonne en février 1962, dont elle a été témoin. Dans son récit vibrant, conclu par la vision puissante d’une foule marchant en silence vers le cimetière, se cristallisent toutes les angoisses et les attentes d’une génération, que Diane Kurys a su porter à l’écran avec une belle force de conviction.

Diabolo Menthe, évocation douce-amère des années lycée, inspirée de la propre jeunesse de la cinéaste : « J’ai vraiment été élève à Jules-Ferry, de la sixième à la première ; nous vivions vraiment dans le XVIIIe ; ma mère me forçait vraiment à aller au lycée à pied; ma prof de maths avait vraiment peur de ses élèves ; une autre était vraiment une sadique ; je me suis vraiment fait choper en volant dans un magasin et ma mère m’a vraiment ramenée à la maison en criant dans la rue : Ma fille est une voleuse ! » confie Diane Kurys.

 

L’écrivain et compositeur Yves Simon écrit la chanson du film, Diabolo menthe qui deviendra vite elle aussi un tube. Elle participa à la postérité du film devenue aujourd’hui une référence pour toute une génération.

Diabolo Menthe est une gourmandise estivale. Comme les chouchous, les crèmes glacées et la barbe à papa

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