Jeudi 4 octobre à 20h30 – Manhattan Short Film Festival

Festival Mondial de Courts-métrages

Le Ciné Get de Revel est la seule salle en France où vous pouvez voir 9 courts-métrages provenant du monde entier et pour lesquels vous pouvez voter pour celui que vous aurez préféré.

Les résultats (revelois et mondiaux) sont en :

http://leszallucines.free.fr/?page_id=3473

(rubrique Année 2018 / Manhattan Short)

 

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Dimanche 21 octobre à 20h30 – L’été de Kikujiro

L’ÉTÉ DE KIKUJIRO

de Takeshi Kitano

Date de sortie : 20 octobre 1999 (2h 01min)

Date de reprise : 9 août 2017 – Version restaurée

Durée : 2h 01min

Réalisé par : Takeshi Kitano

Avec : Takeshi Kitano, Ysuke Sekigushi, Rakkyo Ide

Genre : Comédie dramatique

Nationalité : japonaise

Alors que les vacances d’été débutent, un jeune garçon âgé de neuf ans nommé Masao (正男), qui vit seul avec sa grand-mère, en allant chercher un cachet à la réception d’un colis, retrouve par hasard des photos de sa mère qu’il n’a pas vue depuis longtemps. Avec l’aide d’un ancien yakuza nommé Kikujiro (菊次郎), Masao décide de partir en voyage pour la retrouver. Le duo improvise alors leurs moyens de locomotion à travers le pays et rencontrent sur leur voyage un petit groupe de personnages insolites, par la suite ils vont faire connaissance avec un marchand ambulant et un duo de motards.

C’est le 8ème film de Kitano. À ce moment de sa carrière, le cinéaste japonais peut tout se permettre, auréolé du grand succès de son précédent film, Hana-Bi. Conscient qu’il véhicule une image de cinéaste « violent », il décide de prendre un virage à 360 degrés en proposant une comédie dramatique émouvante mettant en scène un enfant.

Pour incarner Masao, Takeshi Kitano a choisi Yusuke Sekiguchi parmi plusieurs dizaines d’enfants. Le physique du jeune comédien détonne par rapport aux critères de beauté juvénile japonais généralement mis en avant au cinéma. C’est précisément son visage joufflu et ses traits atypiques qui ont poussé le cinéaste à lui offrir le rôle. L’été de Kikujiro marque à l’heure actuelle la seule et unique prestation cinématographique de Sekiguchi.

Dans ce film, le personnage incarné par Kitano est contraint de venir en aide à Masao, incarné par Yusuke Sekiguchi. Au départ, ils sont très distants et ne se parlent que très peu. Pour maintenir ce degré de réalisme, le cinéaste mettait volontairement de la distance entre lui et le jeune comédien. Avec sa franchise habituelle, Kitano nous parle de sa relation avec l’acteur, lui qui n’est pas très à l’aise avec les enfants : « Au début, Yusuke et moi, on ne se parlait pas. Exactement comme nos personnages dans le film. Il m’évitait. Mais à la fin du tournage, nos rapports sont devenus plus ouverts. L’écart qui nous séparait s’est réduit progressivement. Exactement comme dans l’histoire. (…) Mieux vaut ne pas compter sur le talent d’acteur des enfants. Quand ils essaient de jouer ou quand ils jouent trop bien, ça paraît mieux, mais ensuite, je les trouve prétentieux. Je déteste ceux qui jouent trop bien. Je les préfère mal dégrossis. Ou, disons, quand ils restent eux-mêmes », affirme le metteur en scène.

Takeshi Kitano a appelé son personnage principal Kikujiro, qui est le prénom de son père. En effet, le réalisateur n’a jamais vraiment eu de relations avec son paternel, un homme taciturne, alcoolique et violent : « Je me souviens avoir joué une seule fois avec lui. (…) Durant mon enfance, mon père ne m’aura vraiment parlé qu’à peine trois, peut-être quatre fois », confie le cinéaste. En réalisant L’été de Kikujiro, Kitano fait la démarche de tenter de comprendre ce père qu’il n’a jamais vraiment connu et qui est décédé en 1979 : « Le personnage principal est un homme d’une cinquantaine d’années qui refuse d’admettre sa déchéance. Il se pose des tas de questions. C’est quelqu’un, sentimentalement, de très maladroit. Il ne sait jamais quoi dire à cet enfant de neuf ans, Masao, qui durant les vacances d’été, débarque dans sa vie sans prévenir. Je voulais que ce film soit un road movie, à pied, car quand on marche, pas à pas, le temps passe différemment », explique l’artiste.

 

Takeshi Kitano fait à nouveau appel à Joe Hisaishi, son compositeur attitré, également auteur de la musique des films d’Hayao Miyazaki : « Auparavant, je lui montrais toujours les rushes. Ensuite, je le laissais décider. Cette fois, je lui ai spécifié dans les moindres détails le type de mélodie, la progression de l’intrigue, le genre de musique que je souhaitais. De sorte que je l’imaginais pendant le tournage. Voilà pourquoi la musique colle au film », explique le réalisateur.

 

Kitano ne souhaitait pas filmer la rencontre entre Masao et sa mère pour ne pas tomber dans le sentimentalisme facile et larmoyant : « Je veux bien que mes films suscitent du sentiment, mais je ne veux surtout pas de pathos. Alors, Kikujiro invente, dit à l’enfant que ce n’est pas sa mère et préfère l’emmener dans un autre monde. Je préfère cette solution, qui évite les épanchements et qui protège l’enfant de chamboulements affectifs violents ».

« Le film se démarque des autres histoires que j’avais faites jusque-là. Pour une fois, il me semble que ce film penche plutôt du côté de la vie que de la mort. L’enfant symbolise l’espoir, l’avenir, un monde meilleur. Avec ce film, je crois avoir voulu rendre hommage à l’idée que je me fais de l’humanité », indique Takeshi Kitano.

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Le court

Home, sweet home

de Alexandro Diaz, Pierre Clenet et Romain Mazevet

Un road-movie poétique et émouvant au cœur des vastes paysages de l’Amérique.

Une maison se déracine et part à l’aventure.

Home Sweet Home apparaît immédiatement singulier, puisqu’on ne se souvient pas avoir jamais vu d’œuvres d’animation dont les héroïnes seraient des maisons. L’une d’elle jouait bien un rôle important dans Là-haut de Pete Docter (2009), mais elle laissait le devant de la scène à des personnages “humains”. Ici, plusieurs demeures – ou masures – se retrouvent au cœur de l’action, cherchant leur juste place. La première que l’on voit quitte un quartier délabré où tous les bâtiments, du moins ce qu’il en reste, sont en vente et pour prend la route.

On pense à la crise des subprimes et tous ces foyers brutalement abandonnés aux États-Unis, mais on se laisse surtout embarquer dans un road-movie poétique au cœur des vastes paysages de l’Amérique, avec de multiples références cinématographiques hollywoodiennes, depuis la Monument Valley si souvent filmée en Scope par John Ford jusqu’aux étendues de blé magnifiées par un Terrence Malick. Pourtant, c’est un quatuor d’étudiants “bien de chez nous”, pensionnaires de Supinfocom Arles, qui a conçu en 3D cet épique voyage pas tout à fait comme les autres…

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Dimanche 11 novembre à 20h30 – Johnny got his gun

Dans le cadre de la

commémoration du centenaire

de la fin de la guerre 1914-1918

JOHNNY GOT HIS GUN

(Johnny s’en va-t-en guerre)

Précision importante : aucune image n’est blessante, tout est dans la suggestion.      Le cinéaste choisit de nous mettre à la place de la victime, après qu’il soit blessé.

Date de sortie en France : 1er mars 1972

Date de reprise : 28 mai 2014

Durée : 1h 50min

Réalisateur : Dalton Trumbo

Avec : Timothy Bottoms, Don ‘Red’ Barry, Kathy Fields

Genres : Drame, Guerre

Nationalité : américaine

« Hymne pacifiste bouleversant, l’unique réalisation de Dalton Trumbo est un film coup de poing qui ne laissera aucun spectateur indemne« (Avoir-Alire)

« Une œuvre émouvante et courageuse, un violent réquisitoire antimilitariste » (Les Inrockuptibles)

 

Joe Bonham (Timothy Bottoms) est un jeune Américain plein d’enthousiasme qui décide de s’engager pour aller combattre sur le front pendant la Première Guerre mondiale. Au cours d’une mission de reconnaissance, il est gravement blessé par un obus et perd la parole, la vue, l’ouïe et l’odorat.

On lui ampute ensuite les quatre membres alors qu’on croit qu’il n’est plus conscient. Allongé sur son lit d’hôpital, il se remémore son passé et essaie de deviner le monde qui l’entoure à l’aide de la seule possibilité qui lui reste : la sensibilité de sa peau. Une infirmière particulièrement dévouée l’aide à retrouver un lien avec le monde extérieur. Lorsque le personnel médical comprend que son âme et son être sont intacts sous ce corps en apparence décédé, ils doivent prendre une décision médicale selon les valeurs et les croyances de l’époque.

 

C’est l’unique film réalisé par Dalton Trumbo, le célèbre scénariste de la liste noire des « dix d’Hollywood ». Interdit de travail, il a été banni par la Commission des Activités antiaméricaines de McCarthy en 1947. Il fut donc contraint, pendant treize ans, de travailler sous pseudonyme. Exilé au Mexique où il rencontrera Luis Bunùel, il écrira pourtant plusieurs scénarios comme Gun crazy, Menace dans la nuit, Exodus ou Les clameurs se sont tues qui obtiendra l’Oscar du meilleur scénario en 1956. C’est Kirk Douglas qui le fera sortir de l’anonymat en lui demandant de signer le scénario de Spartacus. Il signera également celui de Papillon peu de temps avant sa mort d’un infarctus du myocarde.

Le titre original Johnny Got His Gun est vraisemblablement conçu comme une réponse à la chanson propagandiste Over there, de Henry Burr and the Peerless Quartet, diffusée en 1917 dans le but d’encourager l’engagement des citoyens américains lors du premier conflit mondial. Les premières paroles en sont « Johnny get your gun, get your gun, get your gun. »

« La structure narrative est audacieuse : les souvenirs et les rêves sont en couleur et la dure réalité du présent est en noir et blanc, ce qui amplifie la tristesse de l’état de Johnny. Il se souvient de sa fiancée, de sa timidité dans la découverte d’un premier amour, de ses relations avec son père (sublime séquence de la canne à pêche). Toutes ces scènes sont poignantes car traitées avec beaucoup de tendresse et de pudeur. L’identification du spectateur à Johnny devient bouleversante. Le contraste saisissant avec l’horreur de sa situation actuelle ne cède jamais au chantage à l’émotion. Mais les repères peuvent parfois se brouiller, ce qui donne lieu à des scènes surréalistes. Dans une scène de cauchemar, Johnny imagine qu’un rat est venu le dévorer et n’arrive plus à distinguer le rêve de la réalité. Il s’imagine également en train de dialoguer avec un Christ totalement impuissant malgré sa bonne volonté. » (DVD Classic)

« Qu’en reste-il aujourd’hui ? Le caractère universel et intemporel de l’œuvre conserve encore toute sa force. L’absurdité de la guerre sera toujours à démontrer. La vision de Johnny Got His Gun est une expérience douloureuse mais nécessaire, tout comme Nuit et Brouillard d’Alain Resnais. Mais malgré sa noirceur radicale, Johnny Got His Gun ne cherche pas pour autant à donner une impression désespérée. Il est carrément impossible d’oublier cette scène bouleversante où l’infirmière trouve enfin le moyen de communiquer avec Johnny afin de pouvoir lui souhaiter un Joyeux Noël. » (DVD Classic)

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Le court

réalisé par les élèves du Lycée Professionnel de l’Ameublement et du Bois de Revel

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Dimanche 18 novembre à 20h30 –

Dans le cadre de la journée contre les violences faites aux femmes

                          En présence de Jacqueline DELOFFRE,                                            (responsable nationale de la section femmes d’Amnesty International)

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Dimanche 16 décembre à 20h30 – Ciné-concert

LE CABINET DU DOCTEUR CALIGARI

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Mise au point

Lors de notre séance du dimanche 17 juin où vous avez pu voir le film « L’homme du train » que vous aviez choisi, certains d’entre vous ont été troublés et nous ont posé quelques questions auxquelles nous nous sommes efforcés de répondre.

Pour clarifier les choses pour ceux avec qui nous n’avons pas eu l’occasion d’échanger, nous nous proposons de vous apporter quelques éclaircissements. C’est un peu long, mais cela peut vous aider à comprendre les difficultés que nous rencontrons pour vous proposer les films qui nous intéressent.

La distribution des films est en pleine restructuration.

Un film, depuis quelques années, ne trouve plus sa rentabilité en salles mais à la télévision, en DVD et surtout maintenant en streaming. Il est évident que ces derniers médias touchent beaucoup plus de personnes que les petits cinémas « de quartier » tels que celui de Revel. Et, ce qui ne va pas, à notre avis, dans le bon sens, la qualité n’a pas besoin d’être aussi poussée que pour un grand écran. Ce qui fait que les distributeurs ne trouvent plus d’intérêt à procéder à des numérisations coûteuses pour un gain fort modeste.

Il n’y a pas très longtemps, quand un cinéma voulait passer un film, il demandait au distributeur (le détenteur des droits et des copies) de lui fournir une copie en 35mm. L’exploitant devait alors supporter les frais de transport des bobines et les réacheminer après la séance, soit à l’établissement de stockage du distributeur, soit à la salle qui le programmait en suivant.

Depuis le passage au numérique, les grandes salles de programmation ont fait le choix d’abandonner le support en 35mm et de tout miser sur le numérique.Le Ciné Get, même s’il a fait le choix de conserver son projecteur 35mm, se trouve quasiment devant l’impossibilité de l’utiliser car les distributeurs ont complètement délaissé l’entretien de ces bobines. D’autant plus que les mouvements engendrés par les demandes des cinémas encore équipés auraient demandé des espaces de stockage et du personnel d’entretien et de manutention. On nous répond très souvent quand nous insistons pour obtenir des copies dans ce format qu’il n’existe que des copies de « qualité 5″, le plus mauvais état.

En ce qui concerne le numérique, la copie, d’abord fournie sous la forme matérielle d’un disque dur (DCP) qui voyageait de salle en salle, parvient maintenant à la salle par téléchargement internet. Une « clé » (KDM) générée à la demande de l’exploitant par le distributeur permet de projeter le film le(s) jour(s) choisi(s). C’est également la procédure suivie pour les courts-métrages. Il faut préciser qu’une projection commerciale est automatiquement soumise au paiement de droits au distributeur puisqu’il est impossible de générer des billets d’entrée si la séance n’est pas déclarée. J’en profite pour rappeler que les Z’allucinés ne perçoivent rien sur la recette des entrées. C’est donc Véociné qui rétribue le distributeur et qui paie les taxes et redevances pour la SACEM.

A l’heure actuelle, exceptés quelques films du patrimoine qui bénéficient de numérisations de qualité par des entités que nous pourrions qualifier de sponsors, certains films, mais pas tous, sont numérisés pour obtenir une qualité acceptable pour un petit écran, soit sous forme de DVD (Blu-ray, mais pas toujours) ou pour un visionnage en streaming. Il faut souligner qu’ainsi, on incite les amateurs de cinéma à rester entre soi alors qu’au cinéma, devant un grand écran, parmi d’autres amateurs de bons films, on ressent d’autres sensations !

Les distributeurs tendent à ne plus fournir de copie numérique et nous demandent d’acheter un DVD, étant eux-mêmes dans l’impossibilité de nous le fournir. Nous sommes alors contraints de le trouver dans le commerce, ce qui explique le message d’interdiction de diffusion qui a pu choquer certains. Ce fut le cas notamment pour le film « Cléopâtre » pour lequel nous avons acheté le Blu-ray en novembre 2015. Bien entendu, cela n’empêche pas les distributeurs de nous réclamer des droits à la même hauteur que du temps du 35mm, voire plus. Ils peuvent exiger une recette minimum (MG) pour laquelle nous devons parfois compléter les entrées de la soirée.

Un ciné-club qui, par définition, cherche à proposer des films anciens, parfois peu connus et (ou) peu diffusés se retrouve devant l’impossibilité de présenter des projections de qualité. Pour beaucoup de films, il n’existe même plus de distributeur (c’est le cas par exemple de « La cage aux folles« ), ce qui les condamne à ne plus être projetés. Dans le cas de « L’homme du train« , il existe un Blu-ray. Comme l’un d’entre nous avait un DVD du film, nous avons décidé de l’utiliser. Hélas, le soir de la projection, nous n’avons pu que constater que le son était altéré et que l’image était, pour certaines ambiances, de mauvaise qualité. Nous en sommes désolés.

Mais, est-ce une raison pour laisser tomber des films qui, malgré tout, présentent un intérêt certain ?

Nous disons « NON ! » Et nous ne laisserons pas à la seule Cinémathèque la possibilité de rediffuser ces perles.

Nous avons récemment cherché un film dans lequel avait joué Jacques Higelin. Force est de constater que très peu de ceux auxquels il a participé ont été numérisés ou personne ne dispose plus de droits. Le choix est très réduit. Aussi, nous en profitons pour faire un clin d’œil aux idées véhiculées par les évènements de 1968 en décidant de projeter un film controversé qui pourra initier des échanges nourris après la projection, mais en qualité DVD édité par MK2 puisqu’il n’existe pas de meilleure copie (Blu-ray) sur le marché. Ce sera « L’an 01 » réalisé par Jacques Doillon en 1975 avec le concours de Alain Resnais et de Jean Rouch sur un scénario de Gébé. Vous y retrouverez une distribution impressionnante outre Jacques Higelin avec  Cabu, Cavanna, Wolinski, Depardieu, Auteuil, Coluche, Miou-Miou, Jugnot… et bien d’autres.

Nous espérons avoir pu éclairer vos interrogations dans un univers qui est parfois assez complexe à appréhender, même pour nous.

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Grand froid sur le cinéma français

Paru sur le blog d’Ecran noir (21/06/2017) :

« C’est une longue traversée du désert que vit le cinéma français. Cela fait quatre mois que la pôle position du box office est occupée par le cinéma hollywoodien. Seuls deux films sont dans le Top 10 annuel (5 pour le Top 20). On ne compte plus les fiascos. Le dernier film français millionnaire est A bras ouvert, sorti début avril. Les comédies, genre favori des spectateurs et genre préféré des producteurs, ont subit de sérieux revers. Seulement six ont passé le cap du million d’entrées en 6 mois. Certaines ont signé de sacrées contre-performances. Hormis Raid Dingue et Alibi.com, aucune n’a vraiment fédéré au premier semestre. Ni Camille Cottin, ni Kev Adams, ni Alexandra Lamy, ni même Franck Dubosc n’ont sauvé des films que les critiques ne veulent même plus voir…

On peut aussi se désoler, dans le pays de la cinéphilie, qu’aucun autre film dramatique, d’auteur, d’action/aventures ou de « genre » n’ait pris le relais. Mais comment pourrait-il en être autrement? Qui parle de ces films à la télévision et hors des radios publiques? Le marketing hollywoodien a imposé sa toute puissance. Sans l’effet Cannes, comment Desplechin pourrait-il attirer plus de 400000 spectateurs quand, en face, les médias généralistes choisissent un Alien, des Pirates ou des Super-héros?

Le buzz sur les réseaux sociaux, le star-système est incomparablement plus puissant quand il est made in USA. Les distributeurs français ne manquent pas d’initiatives mais de moyens et de solidarité.

Consanguinité entre télé et ciné

L’INA vient de publier une étude (pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2015) sur les talk-shows et divertissements TV et radios, ce genre où les invités sont convoités et les audiences ciblées. On constate que les invités venant du cinéma et de la musique sont les plus sollicités. En cinq ans, c’est Franck Dubosc qui a été le plus invité (95 fois!!!! dont 21 fois sur France 2), devançant François-Xavier Demaison et François Berléand, tous trois avec une carrière d’humoristes ou de théâtre. Champion toutes catégories, l’acteur-chanteur Patrick Bruel (99 fois). Et ajoutons parmi les chouchous Charles Berling, Daniel Auteuil, Isabelle Nanty, Pierre François Martin Laval, Denis Podalydès, Josiane Balasko, Gérard Jugnot et Jamel Debbouze. En clair beaucoup de plus de 40 ans, beaucoup d’hommes, beaucoup de multi-tâches, beaucoup de comédiens issus de la comédie. Et pourtant ça ne suffit pas à faire des entrées.

« On observe une importante densité au niveau des connexions entres les animateurs et leurs invités, ce qui illustre bien la tendance de la part des animateurs du corpus à inviter globalement les mêmes personnes dans leurs émissions. S’il est vrai que les animateurs ont des affinités avec certains invités, celles-ci sont la plupart du temps « non exclusives » ; autrement dit la plupart des personnes invitées régulièrement sur les plateaux des talk-shows et des divertissements ont été invitées à peu de reprises par un même animateur. En effet, de manière générale, les personnalités qui sont les plus souvent invitées ne sont pas liées à un seul présentateur, mais sont au contraire connectées à un grand nombre d’animateurs. »

Voilà. En d’autres termes la consanguinité entre animateurs et invités empêche, comme en génétique, une régénérescence de la famille. A force de voir toujours les mêmes têtes, il n’y a plus de désir, mais plutôt une lassitude. A trop produire des comédies fades et mal écrites, à trop vendre le cinéma avec les mêmes acteurs/actrices, à trop coloniser les émissions de divertissements et les talk-shows avec ces mêmes acteurs pour ces mêmes comédies, on ne produit qu’une seule chose: l’indifférence. »

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Répertoire vient du latin « reperire » : retrouver

Extrait du « Petit mot de nos cousins d’Utopia » dans le fanzine n°11 de l’American Cosmograph :

« On ne dira jamais assez à quel point il est goûteux, plaisant intéressant, agréable de se plonger dans des films dits de « répertoire », par contraste avec ceux qui viennent de sortir du four… Le bon pain vieillit bien, le bon vin s’améliore jusqu’à son « apogée », tandis qu’on oublie la piquette éphémère… Le cinéma aussi fait le tri entre les blockbusters et les chefs-d’œuvre. Il y a ceux vite consommés, vite oubliés et ceux qui passent les années, ceux qu’on retrouve avec un plaisir sans cesse renouvelé : ils marquent nos vies pour toujours, par leurs qualités exceptionnelles, par ce qu’ils racontent d’une époque, de vies…

On a trop pris l’habitude de picorer seul ces films-là, parfois sur son ordinateur ou une télé mal réglée qui les dévalorise, les plus jeunes ne connaissent même pas leur existence. Pourtant, rien n’est plus formidable que de déguster ces moments forts du cinéma au coude à coude dans le noir avec d’autres dans les conditions de leur première vie, sur un grand écran « a thing of beauty is a joy for ever… » disait le poète. Se plonger par eux dans un passé proche, conduit toujours à une méditation sur le présent, à une rencontre avec les valeurs éternelles de grands cinéastes dans des images qu’aucun effet spécial n’égalera jamais.

(…) Comment faire pour attirer votre attention sur ces films de « répertoire » dans des temps ou chaque nouvelle sortie chasse la précédente… comment faire pour qu’ils ne soient pas noyés dans le tintamarre des films récemment promus par les médias ? (…) »

C’est bien ce qui guide la démarche des Z’allucinés.

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