Répertoire vient du latin « reperire » : retrouver

Extrait du « Petit mot de nos cousins d’Utopia » dans le fanzine n°11 de l’American Cosmograph :

« On ne dira jamais assez à quel point il est goûteux, plaisant intéressant, agréable de se plonger dans des films dits de « répertoire », par contraste avec ceux qui viennent de sortir du four… Le bon pain vieillit bien, le bon vin s’améliore jusqu’à son « apogée », tandis qu’on oublie la piquette éphémère… Le cinéma aussi fait le tri entre les blockbusters et les chefs-d’œuvre. Il y a ceux vite consommés, vite oubliés et ceux qui passent les années, ceux qu’on retrouve avec un plaisir sans cesse renouvelé : ils marquent nos vies pour toujours, par leurs qualités exceptionnelles, par ce qu’ils racontent d’une époque, de vies…

On a trop pris l’habitude de picorer seul ces films-là, parfois sur son ordinateur ou une télé mal réglée qui les dévalorise, les plus jeunes ne connaissent même pas leur existence. Pourtant, rien n’est plus formidable que de déguster ces moments forts du cinéma au coude à coude dans le noir avec d’autres dans les conditions de leur première vie, sur un grand écran « a thing of beauty is a joy for ever… » disait le poète. Se plonger par eux dans un passé proche, conduit toujours à une méditation sur le présent, à une rencontre avec les valeurs éternelles de grands cinéastes dans des images qu’aucun effet spécial n’égalera jamais.

(…) Comment faire pour attirer votre attention sur ces films de « répertoire » dans des temps ou chaque nouvelle sortie chasse la précédente… comment faire pour qu’ils ne soient pas noyés dans le tintamarre des films récemment promus par les médias ? (…) »

C’est bien ce qui guide la démarche des Z’allucinés.

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17 septembre à 20h30 – Un homme et une femme – Rhinocéros au galop

UN HOMME ET UNE FEMME

Date de reprise : 16 novembre 2016 – Version restaurée

Date de sortie : 27 mai 1966

Durée : 1h 40

Réalisé par :  Claude Lelouch

Avec : Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée, Pierre Barouh

Genres : Comédie dramatique, Romance

Nationalité : Française

Venue, un dimanche, rendre visite à sa petite fille Françoise, en pension à Deauville, Anne Gauthier fait la connaissance de Jean-Louis Duroc, dont le fils, Antoine, est interne dans le même établissement. Ils se revoient le dimanche suivant. Anne, scripte de cinéma, est hantée par le souvenir de son défunt mari, un cascadeur mort dans un accident, tandis que Jean-Louis pense à sa femme, qui s’est suicidée. Sont-ils disponibles pour un nouvel amour ? Une tendre amitié naît entre eux, bientôt relayée par un sentiment plus fort, que chacun devra s’autoriser. Les plages de Deauville vont peu à peu devenir le théâtre d’un amour qu’ils n’osent pas encore s’avouer…

En 1965, Claude Lelouch réalisa Les Grands Moments qui fut un échec. « Quand ça va mal, dit-il, je vais à Deauville. C’était le 13 septembre… je marchais donc sur la plage et très loin – il faisait très mauvais ce jour-là – j’ai vu une femme qui marchait aussi. De très loin, elle semblait très très belle. Et il y avait une petite fille qui jouait à côté d’elle. J’essayais de me rapprocher de cette dame… et tout en me rapprochant j’essayais de trouver une explication… Les idées venaient comme ça, et, tout en marchant, j’écrivais l’histoire d’Un homme et une femme »

Claude Lelouch eut des difficultés pour finaliser le casting du rôle féminin. En effet, il avait tout d’abord envisagé de confier le rôle d’Anne Gauthier à Romy Schneider. Mais leur entrevue en Normandie s’est très mal déroulée. En effet, l’actrice a commencé par émettre de nombreuses critiques à l’encontre du réalisateur avant de regarder l’ébauche de scénario. Celui-ci, vexé, lui présenta alors le rôle avec suffisamment peu d’enthousiasme pour qu’elle n’ait pas envie de le tourner. Par ailleurs, pendant le tournage, Anouk Aimée refusa dans un premier temps de tourner une scène sur un bateau. Le réalisateur contacta aussitôt Annie Girardot pour reprendre le rôle, mais Anouk Aimée revint dès le lendemain sur sa décision. Le réalisateur ne lui en tiendra pas rigueur puisqu’il tourna six autres films avec l’actrice.

Avec « Un homme et une femme », Lelouch ne fait qu’explorer les fondamentaux du sentiment amoureux. Un homme (Jean-Louis Trintignant) et une femme (Anouk Aimée) s’aiment d’un amour fou. Mais il ajoute au commun l’éblouissant. Deauville et sa plage immense où les deux amoureux s’étreignent éperdument, les allers retours des sentiments et puis une mélodie mélancolique et prégnante signée Francis Lai. Quelques notes de « Chabadabada » chantées par Nicole Croisille, et tout est dit. II filme une histoire d’amour comme un reportage, une façon de tourner en rond avec sa caméra, une musique et là on se dit : un génie vient de naître

Pour des raisons financières, Claude Lelouch décida de tourner les extérieurs de son film en couleur et les intérieurs en noir et blanc. Il pensait que les futurs spectateurs ignoreraient ces considérations budgétaires et qu’ils verraient dans ce procédé une innovation artistique originale.

Lorsqu’il  présente son long-métrage au festival de Cannes en mai 1966, Claude Lelouch n’a que 29 ans. Angoissé et peu sûr de lui (l’échec de son précédent film « Les Grands Moments » est encore présent), le réalisateur est entouré de ses proches et de sa maman qui ont toutes les peines du monde à le rassurer. Pour couronner le tout, un énorme orage interrompt la séance.  »En l’espace d’une heure cinquante, ma vie a changé », se rappelle Claude Lelouch.

Un homme et une femme remporta la Palme d’Or au Festival de Cannes (ex aequo avec Ces messieurs dames de Pietro Germi) et deux Oscars en 1966 : celui du meilleur film étranger et celui du meilleur scénario. Les Golden Globe le récompensent comme meilleur film étranger et meilleur réalisateur. Au total, le film récolta 42 récompenses dans le monde…

Aujourd’hui, le film de Claude Lelouch « n’a pas vieilli ». Une élégance et une jeunesse éternelle qui tient sans doute aux conditions de tournage. « Quand on tournait il y avait toujours la musique et pour nous c’était vraiment magique. On était porté par cette musique, ce climat, la mer et tout le film a été fait dans une sorte d’état de grâce », se souvenait Jean-Louis Trintignant en 1976.

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Le court :

Nashorn im galopp (Rhinocéros au galop)

de Erik Schmitt et Stephan Müller

Allemagne, 2013, Fiction, Couleur, Allemand (VOST) – 15’00 -

Synopsis : Bruno erre dans les rues de Berlin, la tête pleine d’interrogations, à la recherche de ce qui se cache derrière les innombrables façades et édifices. Il cherche à saisir l’âme de la ville, ce petit quelque chose que les autres ne remarqueront peut-être jamais. Au moment où il s’y attendait le moins, il rencontre une alliée.

L’avis du programmateur : La traduction française du titre, ‘Rhinocéros au galop’, apparaît un poil mystérieuse, mais sera expliquée dans un film d’amour fou qui nous charme et nous séduit d’emblée. Un rythme trépidant nous entraîne dans les pas d’un jeune Berlinois qui croit en l’existence d’un esprit de sa ville. Celle-ci lui permet, à l’aide de flèches diverses et variées dans le paysage urbain, d rencontrer une flamboyante rousse qui a de grandes chances d’être la femme de sa vie. La singularité du film est l’utilisation de la pixilation, ce procédé toujours plaisant qui fait des acteurs de chair et d’os les créatures animées d’un univers décalé. Les auteurs jouent des effets d’optique, des proportions de taille, des images superposées et la capitale allemande apparaît pour eux comme un immense terrain de jeu. Il y a un côté street art dans leur approche et beaucoup de poésie se dégage de cette comédie romantique revisitée et emmenée par une bande-son pétaradante. On pense souvent à Gondry dans cette inventivité débordante qui se délecte du travail des matières et de rendus délibérément ‘artisanaux’.

Carrière du film :
Urban Films Festival (Paris / France – 2015)
Prix format court Festival Européen du Film Court de Brest (Brest / France – 2014)
Séquence Court métrage (Toulouse / France – 2014)
Festival International du court métrage (Palm Springs / Etats-Unis – 2013)
Prix du jury Festival international du film, Golden Apricot (Erevan / Arménie – 2013)
Prix du public Festival du film (Cambridge / Grande-Bretagne – 2013)
‘Interfilm’ Festival international du film court (Berlin / Allemagne – 2013)
Festival International du film (Leeds / Grande-Bretagne – 2013)
Huesca film festival (Huesca / Espagne – 2013)
Festival international du court métrage (Hambourg / Allemagne – 2013)
Festival International du Film (Berlin / Allemagne – 2013)
Capalbio cinema – Festival international du film court (Capalbio / Italie – 2013)

Et n’oublions pas :

Médaille d’or, Manhattan Short Film Festival (Monde – 2014) y compris à Revel

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Jeudi 28 septembre à 20h30 – Manhattan Short Film Festival

Un monde – Une semaine

Un festival planétaire du court métrage

 

Évènement unique en son genre : pendant une semaine, d’Anchorage à Sydney en passant par Turin, Riga, Cracovie, Moscou, Londres, Le Cap, Guanajuato, Pembroke aux Bermudes et, bien sûr, par REVEL, dix courts métrages se disputeront les faveurs du public.

Cette année, 1615 films en provenance de 75 pays avaient posé leur candidature. Les 10 courts que l’on retrouve en compétition sont originaires de Géorgie, des Nations-Unies, d’Italie, de Lettonie, de Nouvelle Zélande, d’Espagne, de Suisse, du Royaume Uni et de Syrie.

C’est certainement de Syrie qu’arrive le court le plus brûlant d’actualité :

Mare Nostrum (13’) de Rana Kazkaz et Anas Khalaf, met son focus sur un père qui souhaite un avenir meilleur pour sa fille, un avenir risqué puisqu’il passe par la mer et les passeurs.

Dans Viola, Franca (15’), la réalisatrice italienne Marta Savina a choisi d’évoquer la Sicile des années 1965. Elle tire le portrait d’une jeune femme qui refuse d’épouser l’homme qui l’a violée, au risque de se voir rejetée par sa communauté très traditionnaliste.

Dans Just go (10’45),  le Letton Pavel Gumennikov met en scène un jeune homme qui a perdu ses jambes dans un accident alors qu’il était enfant, ce qui ne l’empêche de voler au secours d’une jeune fille harcelée par des voyous.

 

Hope dies last (7’43) du Britannique Ben Price revient sur l’histoire d’un coiffeur pas comme les autres. Prisonnier dans un camp, c’est lui qui s’occupe des cheveux des nazis, chaque coupe au rasoir pouvant être la dernière.

Dans 8 Minutes (12’40) du réalisateur géorgien Gega Khmaladze, il est question d’un magicien vieillissant auquel on demande un dernier coup de baguette alors que la fin du monde annoncée s’approche à vitesse grand V.

L’Espagne, présente avec deux courts cette année, nous fait découvrir Angel Gomez Hernandez et son Behind (15’), un court sur une femme divorcée, obsédée par l’idée que son ex complote pour tenter de reprendre leur enfant.

Quant à Perfect Day (10’45) de Ignacio Redondo, c’est l’histoire d’un jour qui s’annonçait formidable pour David : un contrat de 10 millions de dollars en poche, un rendez-vous avec une femme superbe, sauf que rien ne se passe comme prévu.

Dans son In a Nutshell (5’), le cinéaste suisse Fabio Friedli nous parle de la vie, de notre environnement, et ce en mettant en scène des fruits. Un régal pour les yeux, nous promet-il.

 

Fickle Bickle (10’45), de l’Américain Stephen Ward, nous entraîne dans un magnifique manoir dont le propriétaire est parti en vacances, oubliant qu’il y a laissé son plombier, lequel plombier en profite pour reprendre contact avec une camarade de lycée dont il était tombé éperdument amoureux.

Dans Do not Harm (12’) de la néozélandaise Roseanne Liang, on a droit à quelques belles giclées de pigment protéique des globules rouges, vu que des gangsters font irruption dans un bloc opératoire. Rompre le serment d’Hippocrate ou tout faire pour sauver le patient ? Question terrible que se pose l’opératrice. Réponse dans ce film qui ouvre cette 20ème édition  du Manhattan short film Festival.

 Tous les films sont en VO sous-titrés en anglais.

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