Dimanche 15 décembre à 20h – Soirée brésilienne – Orfeu Negro

1) 20h : Musique brésilienne

avec le DUO « CARINHOSO »

composé de André Da Silva (guitare à 7 cordes)

et Aldo Guinart (flute traversière)

 

 

 

 

 

Le duo « Carinhoso » naît d’une rencontre autour d’une « roda de choro » Toulousaine. Ce qui littéralement veux dire « ronde de choro », lieux où les musiciens se retrouvent atour d’une table pour partager avec sincérité et transparence le Choro, la musique populaire instrumentale brésilienne.

Nous allons entendre ce soir un répertoire autour des grands compositeurs de ce style du XXème siècle.

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2) 21h : film « ORFEU NEGRO »

de Marcel Camus

                                        Palme d’Or au Festival de Cannes 1959,                                              Oscar du Meilleur film étranger et Golden Globe 1960

Date de sortie : 1 juin 1959

Date de reprise : 17 février 2016 – Version restaurée

Durée : 1h 45min

Réalisé par : Marcel Camus

Avec : Breno Mello, Marpessa Dawn, Ademar Da Silva

Genres : Drame, Comédie, Musical, Romance

Nationalités : italienne, brésilienne, française

A la veille du carnaval de Rio, Eurydice arrive de la campagne pour y retrouver sa cousine Serafina. Elle fait la rencontre d’Orphée, conducteur de tramway et artiste adulé par le peuple pour ses qualités de danseur et de guitariste. Mais Eurydice disparait, et Orphée la cherche partout…

Orfeu negro est une transposition moderne du mythe grecque d’Orphée et d’Eurydice, dont l’action se déroule pendant le célèbre Carnaval de Rio, au Brésil, adaptation d’une pièce de théâtre de Vinícius de Moraes, Orfeu da Conceição. La pièce, écrite en 1942 ne sera montée au théatre qu’en 1956 dans des décors d’Oscar Niemeyer alors que les contacts sont déjà établis avec Marcel Camus. Cet épisode célèbre de la mythologie grecque relate la douleur extrême vécue par Orphée après la disparition de sa compagne Eurydice. Lorsqu’il descend aux Enfers pour la retrouver, le Dieu Hadès promet de la lui rendre à la seule condition qu’il ne la regarde qu’au sortir du Royaume des Morts. Malheureusement, Orphée ne résiste pas à la tentation de se retourner pour voir Eurydice, un acte qui provoque la seconde mort de celle-ci.

Le film, tourné en 1959, apparait aux tout début du « cinema novo » (cf: le programme proposé il y a quelques mois : « Central do Brasil » qui marquait un retour vers cette sensibilité de l’âge d’or du cinéma brésilien). Il ouvre la voie de la Palme d’Or pour La parole donnée de Anselmo Duarte en 1962 et pour Le Dieu noir et le Diable blond de Glauber Rocha en 1964.

« D’un point de vue strictement cinématographique il convient de souligner les mérites de Marcel Camus, qui dans des conditions matérielles souvent difficiles, a su réaliser le plus chatoyant des films-spectacles sans jamais céder à la vulgarité touristique ou aux conventions commerciales.. Il a dépeint avec un égal bonheur le drame d’Orphée et d’Eurydice, drame où la violence des sentiments est balancée par la tendresse, la naïveté, la pudeur des personnages, et cette extraordinaire explosion d’allégresse collective qu’est le carnaval de Rio. » (Jean de Baroncelli, Le Monde, 22 juin 1959)

Orfeu negro est le premier long métrage à rendre un vibrant hommage à la bossa-nova (terminologie encore inconnue en dehors du Brésil), célèbre musique sud-américaine, ici vedette à part entière de cette transposition du mythe d’Orphée en plein Carnaval de Rio. Le film de Marcel Camus, grand succès public, contribua à populariser cette musique dans le monde entier. La bande-annonce comprend des extraits sonores du film ainsi que des compositions originales, dont les plus fameuses s’intitulent O Nosso Amor et Manha De Carnaval.

Pour sélectionner les acteurs sur les deux rôles titres, Marcel Camus, présent plusieurs mois avant le tournage à Rio de Janeiro, fait appel aux candidatures par le journal O Globo, indiquant chercher pour Orfeo « un garçon noir de 27 ans environ, mesurant entre 1,75 m et 1,80 m » et pour Eurydice « une jeune noire de 20 ans environ ». Il invite les candidats à se présenter à l’Alliance française de Rio, ou à envoyer leur photo « sans retouches et prises de préférence par un photographe amateur ». L’appel à candidature passionne les journaux brésiliens qui le reprennent dans leurs colonnes, et une foule de jeunes gens se présentent. Mais finalement, Marcel Camus trouve l’acteur Breno Mello, pour le rôle principal masculin, au Fluminense Football Club où il est footballeur2,3. Et il retient pour le rôle principal féminin une danseuse nord-américaine, Marpessa Dawn3. Autre particularité, l’interprète de la Mort est Adhemar Ferreira da Silva, athlète brésilien spécialisé dans la discipline du triple saut, à l’époque champion olympique et champion du monde.

« Ce carnaval de Rio, qui pour les Noirs et les métis descendus de leurs  » favellas  » n’est pas une bouffonnerie mais une scène quasi sacrée où sous l’influence de la musique la liesse prend une forme mystique, est admirablement décrit par Marcel Camus. Il en a tout exprimé : le bruit, le mouvement, la couleur, et j’irai presque jusqu’à dire l’odeur. Nous sommes véritablement plongés dans cette extraordinaire manifestation d’allégresse collective, soûlés de musique, emportés par la foule, pénétrés à notre tour par un étrange sentiment d’euphorie et d’oubli, Orfeu Negro ne nous offrirait-il que ce merveilleux reportage qu’il mériterait déjà nos applaudissements. » (Jean de Barocelli, Le Monde, 14 mai 1959)

Barak Obama cite quelquefois ce film comme une œuvre ayant donné la force à sa mère, dans un contexte raciste, d’épouser un Noir, par sa représentation chaleureuse de la communauté noire brésilienne et la promesse d’une autre vie.

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